jeudi 30 août 2007

Brest of


Le Brest Of
« Il était temps de faire une pause, de reprendre un peu de son souffle, de poser un pied à terre et de regarder ce que l’on a pu laisser derrière ». C’est comme ça que Miossec introduit son Brest Of, anthologie d’après six albums qu’il a sous-titrée : « tout ça pour ça ».
20 titres, beaucoup et peu à la fois, des choix pour la plupart imparables, des versions single bienvenues. Et puis les inédits.
“La Fidélité”, “Que devient ton poing quand tu tends les doigts” et “Non Non Non” enregistrés avec le groupe de tournée sont excellents mais je préfère encore la version de “La Guerre”, enregistrée pour l’émission de France 2 du 6 juin 2004.
Au final, il y en aura toujours certains pour mégoter sur la sélection opérée mais voici vingt chansons qui tiennent bien debout, vingt chansons emblématiques.
Sortie le 17 septembre avec un DVD et notamment un concert de 2004, bien fidèle à ce qu’était la tournée de 1964 : assez rock et pas figée. Quand le guitariste s’appelle Robert Johnson…


Je me dois de vous signaler le joli portrait de Christophe dans le Libé du jour. Je regrette juste que le journaliste, Luc Le Vaillant, un super portraitiste par ailleurs, s’approprie à tour de bras les interviews que j’ai menées. A 95 %, toutes les citations, à commencer par celle de Juliette Gréco qui est mise en exergue, viennent en effet du livre : Jane Birkin, la maman de Christophe, etc.
Donc, forcément, comme je ne suis pas crédité une seule fois… ça énerve. Mais, bon, il faut faire avec, c’est la position inconfortable de celui qui mène les entretiens, les met en forme, etc. Et puis un livre, c’est fait pour échapper à ses auteurs. Heureusement, d’ailleurs !

mardi 28 août 2007

Hubert Selby Junior



Un autre des écrivains dont Christophe loue l’écriture et dont le nom apparaît dans En Quarantaine. Hubert Selby Junior s’intéressait aux trajectoires des paumés et des désespérés qu’il retraçait avec humour noir et un style incisif. Last Exit To Brooklyn, Requiem For A Dream et surtout Le Démon sont à conseiller (âmes sensibles s’abstenir).
A noter d’ailleurs que le roman posthume de Selby, Waiting Period, a été publié dans la collection Pop Culture, la même collection qu’En Quarantaine… (je n'essaye pas de comparer les deux livres bien sûr).

lundi 27 août 2007

L’Etreinte


Au cours des trois années de conception d’En Quarantaine, j’ai eu la chance d’être un témoin privilégié de la naissance de L’Etreinte. Ça a constitué pour moi une sorte de passionnant feuilleton artistique. Je me souviens des premières démos (notamment de “Maman”) que Christophe me faisait écouter sur son I-Pod dans le hall de son hôtel après une de nos premières interviews fleuve. Je me souviens de mon passage aux studios ICP alors que l’élégant Robert Johnson enregistrait ses parties de guitare et que les arrangements étaient en pleine création. Et puis il y a eu la tournée à trois (Jean-Louis Piérot-Robert Johnson-Christophe) en Bretagne qui permit au trio d’éprouver les nouvelles chansons en concert. Enfin, à Bruxelles, j’eus l’honneur d’entendre les versions définitives du “Loup dans la bergerie” ou “La Mélancolie”. Et j’en oublie, sans doute.
Christophe me répétait souvent son envie d’apporter du changement dans son univers, notamment musicalement. On est tous à peu près d’accord pour dire que, avec Jean-Louis Piérot et ses nouveaux compères belges, il a réussi à se réinventer. De manière amusamment paradoxale, c’est d’ailleurs ce que certains lui reprochent : de s’être éloigné de son sillon folk-rock historique, d’avoir changé. Avant, d’autres lui reprochait de se répéter. Faudrait savoir…
Sans blague, quelle chaleureuse Etreinte (et quelle belle pochette signée par le peintre Paul Bloas !)

vendredi 24 août 2007

Aujourd'hui

Hé bah voilà, le livre doit être aujourd'hui dans toutes les librairies (ou pas loin).
Je souhaite une bonne lecture à celles et ceux qui le commenceront.

PS Des agents undercover me signalent qu'ils ne l'ont pas trouvé (que ce soit à Blaye en Gironde ou à la Fnac Saint Lazare de Paris). Encore un peu de patience, ça va venir. De mon côté, je l'ai vu en magasin...

jeudi 23 août 2007

Bruno Leroux


Au recto de Boire, il avait une sacrée classe sa clope à la main. Bruno Leroux, chef de file de la scène brestoise, ex-leader des Locataires, a complété le duo Christophe-Guillaume Jouan, des premiers concerts jusqu’à son départ en juillet 1995. Ah, si des images live avaient été gardées de cette première formation pour le moins originale (un chanteur et deux guitares) ! Toujours est-il que l’on n’avait pas entendu Bruno parler de son expérience au sein de Miossec (dites moi, si je me trompe). Il m’a d’ailleurs avoué que, suite à son départ, pendant 10 ans, il n’avait pas joué de musique. C’était donc intéressant d’avoir son regard sur le départ en flèche du trio Miossec, des premiers concerts imprévisibles aux tournées bordéliques, en passant par la signature chez Pias, la participation à la Tournée de Dan Ar Braz (L’Héritage des Celtes)…

Bruno joue maintenant de la guitare avec David Crozon, jeune chanteur brestois. Leurs morceaux, chants bénéficient d’arrangements à la pop anglaise (oui, The Beatles et tous les autres) qui confèrent un charme particulier. De la chanson (en français) mais assez rock et pas tiède.
http://www.myspace.com/davidcrozon
Dernière minute, Bruno vient de m'informer de son nouveau groupe Kensico et ses "chansons populaires mélodramatiques" comme il est dit sur la page myspace http://www.myspace.com/kensicomusic Bruno y joue de la guitare, du piano et s'occupe des programmations tandis que la chanteuse Gaëlle donne de la voix (apparemment, une autre fille eest au bandonéon, je ne connais son nom). Un morceau s'appelle "Pour les cons", tout un programme !

J'en profite, j’avais oublié de signaler la page myspace de la Blanche Production (l’asso qui fait beaucoup pour la scène brestoise et son histoire). C’est réparé
http://myspace.com/lablancheprod



PS la vignette ci-dessus est un "détail" du recto de Boire, une photo de Richard Dumas, donc.

Louise Attaque

Une complicité, une proximité stylistique (entre folk et rock), des goûts en commun… parce que pas mal de choses lient Miossec et Louise Attaque, laisser une place à ce dernier groupe dans En quarantaine s’imposait.
Epatés par certaines fulgurances de Christophe, les Louise ont repris plusieurs chansons de Miossec en concert (sur leur dernière tournée, il leur arrivait de rejoindre leur excellent groupe de première partie, le très énergique Deportivo, quand celui-ci jouait “Les Bières”). Et puis Louise Attaque a ouvert pour Miossec au moment où, porté par “Je t’emmène au vent” et “Ton Invitation”, les Parisiens commençaient à cartonner (tous les protagonistes se souviennent d’un fameux concert donné à Saint-Germain-en Laye). Ensuite, Richard Dumas et Christophe tourneront un clip pour les Louise, Christophe suivra les Louise lors de leur tournée dans les arènes. Des points de convergence dans leur parcours, il y en a d’autres : une même intégrité, une même distance. Et une propension à se marrer plutôt que de se prendre la tête.
Pour finir avec les Louise, je conseille ardemment leur DVD live, Y-a-t-il quelqu’un ici ?!, vrai film réalisé par Dick Carruthers qui reflète assee fidèlement un concert des Louise de la dernière tournée, sans doute la meilleure d'un groupe français depuis longtemps...

mercredi 22 août 2007

Richard Dumas (et le cahier photos)


S’il n’est pas aussi connu aux yeux du grand public qu’un chanteur ou un musicien, rencontrer Richard Dumas a constitué un grand plaisir personnel. D’abord, c’est un des meilleurs photographes vivants, un de ceux dont on reconnaît le style, la classe. Et puis c’est quelqu’un de sacrément élégant, aux goûts sûrs en matière de musique et à l’humilité invraisemblable. Quelqu’un capable de dire : « j’ai souvent l’impression d’être un imposteur en photo. Et je pense que je le suis un peu. Il y a des tas de photographes que j’admire pour leur maîtrise technique. Moi, je suis plus à la recherche de ce que peut être une photographie. J’aime bien les accidents, je ne bétonne pas trop. Mais, bon, j’ai fait des études de maths, je peux retomber sur mes pattes techniquement ». C’est le moins qu’on puisse dire quand on voit les portraits (souvent en noir et blanc) qu’il réalise, que ça soit d’écrivains comme Jim Harrison ou Hulbert Selby Jr, d’acteurs ou de chanteurs (récemment Olivia Ruiz et plein d’autres).
Le parcours de Richard et de Christophe restent intimement liés : Boire a été la première pochette de disque que Richard a réalisée pour un artiste français. Suivront celles de Baiser et de 1964, jumelle de celle de Boire. Dans En Quarantaine, Richard revient sur ses sessions photos et sur leur complicité : « sur le choix des photos, on s’accorde vachement bien », m’a-t-il dit.
Et puis les deux se connaissent depuis bien avant que Christophe ne commence à chanter. Ils se sont croisés à Rennes au début des années 80, ont travaillé en duo (l’un en tant que photographe, l’autre en tant que journaliste) pour Ouest France. Cette première collaboration est bien sûr abordée dans le livre.

On peut voir ici quelques photos de Richard faites pour l’agence VU, avec entre autres Robert de Niro, Gena Rowlands, Kate Moss, Lou Reed, David Cronemberg et la fameuse d’Hubert Selby Junior…
http://www.agencevu.com/fr/photographes/default.asp?photographes=32

La transition est logique : il y un cahier photos dans En Quarantaine, comme dans toutes les publications de la collection Pop Culture des éditions Flammarion.
On trouvera ainsi un très beau portrait de Christophe par Richard Dumas datant des années 80, des clichés inédits datant de l’enfance de Christophe (prêtés par sa maman Marie-Paule qui a également bien voulu répondre à mes questions), d’autres provenant de la collection particulière de Christophe, des photos de Printemps Noir, des clichés de Dominique Leroux d’avant la sortie de Boire, d’autres de Philippe Mazzoni (dont une très belle du trio Christophe-Guillaume Jouan-Bruno Leroux à Brest), une photo prise en tournée en 96, une autre de Stéphanie Lenhos datant cette fois de l’enregistrement de Brûle et enfin un très beau cliché de Christophe avec Juliette Gréco signé Irmeli Jung. 8 pages en tout.